Evoquer la wilaya de Nâama, c'est évoquer tout un pan de l'histoire. Une histoire aussi riche que profonde, qui remonte à des milliers d'années, comme en témoignent les nombreux vestiges de l'Atlas Saharien ; gravures rupestres et restes de végétations emprisonnées dans des concrétions de sources des monts des Ksour.
Le passage de l'homme en ces lieux date de la préhistoire, comme le confirment les archéologues qui ont fait des recherches dans la région, à l'exemple du docteur Iliou ou de Lhote. Les différentes gravures rupestres trouvées à Tiout, à Ain Sefra, à Moghrar ou encore à Asla attestent d'une civilisation fort évoluée de l'homme de l'époque. Le peuplement de Nâama remonte, lui, à quelque 10.000 ans. Après l'homme préhistorique, il y a d'abord eu les nomades, puis les Ksours ont été construits par des sédentaires ou des semi-nomades qui pratiquaient des activités agro-pastorales dans les oasis et les montagnes.
Mais les ksouriens ne représentaient que 20% de la population, les 80% restant étant des nomades qui allaient d'un endroit à l'autre, chassés souvent par les changements brusques des conditions bio-climatiques. Ce mode de vie nomade n'empêchait pourtant pas cette partie de la population, notamment celle de la steppe, d'utiliser les Ksour comme silos ou entrepôts pour déposer les grains.
Deux confédérations tribales ont marqué cette région, il s'agit des H'myanes, qui nomadisaient dans la daïra de Mécheria et pratiquaient les transhumances d'été jusque dans la M'leta et le salhel d'Oran ; et celle de l'hiver dans la vallée de Oued En-Namous et jusqu'à Gourara. Mais, il y a aussi les Amours, qui occupaient le territoire de la daïra d'Ain Sefra. Les transhumances se faisaient localement, d'Est en Ouest et pénétraient jusqu'au Maroc. Néanmoins ces transhumances ont été limitées, dès 1847, débuts de la colonisation française en Algérie.
Les nomades ont alors commencé à s'agglutiner autour des Ksour. Ainsi en est-il des Hmyanes de Mecheria, des Mejadba de Asla, des Merinat de Djenien-Bourezg et Souale de Tiout. Pendant la guerre de libération, la vie a été particulièrement dure pour les nomades, dont certains ont émigré au Maroc ou partis s'établir dans le Nord. Et pour cause, 50% de la superficie actuelle de la wilaya avait été déclarée zone interdite.
La région de Nâama a également donné naissance à de grandes figures de l'histoire du pays. La plus connu demeure incontestablement celle de Cheikh Bouamama, homme de grande culture et cheikh de zaouia, qui a mené une énergique résistance populaire contre le colonisateur.
Mais il y a aussi tous ces hommes, devenus des saints patrons aussi bien dans la région, qu'au Maroc, tels que Sidi Ahmed le Mejdoub, Lalla Safia ou encore ses fils qu'elle a su élever seule.